Mieux me connaître

Michael Dupertuis, Bex, 39 ans, Municipal en charge de l’Urbanisme, Développement Durable, Mobilité, Eclairage Public, Gestion et Valorisation des Déchets. Vice-Président de la commission Mobilité de Chablais Région, Président de la Brasserie artisanale et du restaurant la Mine. Membre du Conseil de Fondation de Bex et Arts.

Vous souhaitez consulter mon positionnement politique ? cliquez ici!  (smartvote)

Si j’ai de la peine à me rappeler précisément le début de ma prise de conscience politique, je me rappelle par contre très bien d’un évènement dans mon enfance qui m’a fortement marqué.

C’était en Décembre 1999, l’Erika coulait à proximité des côtes bretonnes. J’avais alors 13 ans et je voyais des dizaines de milliers d’oiseaux empêtrés dans des galettes de mazout suffoquer puis mourir.

Sur l’écran de ma télévision, je voyais des centaines de personnes tenter de trouver des solutions pour sauver un le plus d’oiseaux possible et retirer les millions de litres de mazout des plages et de la mer.

Au vu de la tâche énorme et du faible succès de leurs efforts, je me pris à les admirer.

Ces personnes n’étaient pas responsables de cette catastrophe mais elles avaient répondu présent et retroussé leurs manches des mois durant.

Pour moi, c’était la preuve qu’ensemble, nous sommes plus forts et que peu importe la difficulté de la tâche, nous avons le devoir moral d’agir.

C’est cette volonté d’agir qui m’a poussé à sortir d’une situation tout à fait confortable en 2008. Cette année-là, j’avais été promu à 22 ans dans une nouvelle fonction au sein de l’entreprise internationale pour laquelle je travaillais.

Je parcourais les l’Europe et les États Unis et travaillais beaucoup mais je bénéficiais d’un confort matériel exceptionnel. Ma cave à vin était remplie de vins de Bourgogne et de millésimes italiens dont je raffolais. Je n’avais aucunement besoin de tenir un budget car je n’arrivais tout simplement pas à dépenser mes revenus. De plus, je travaillais avec une équipe dynamique sur un produit qui m’enthousiasmait considérablement !

Pourtant, le crash de Lehman Brother est survenu. Je me rappelle encore du moment où j’ai appris la nouvelle. J’étais au volant de ma voiture, à Lausanne.

D’emblée, je me suis dit que cette faillite impensable allait chambouler notre économie mondiale. Et ce fut effectivement le cas.

Je ne sais pas si vous vous en souvenez mais le prix de l’essence était immédiatement monté à des prix dépassant les 2.- le litre.

La crise financière et économique eu un impact direct sur notre pouvoir d’achat. Aujourd’hui, ce souvenir a un écho particulier au vu de la crise énergétique que nous vivons.

Pour en revenir à ce moment, je me suis pris de passion pour la thématique de l’énergie et, en tant qu’électronicien, de l’électricité en particulier.

J’avais pris conscience de nous allions au-devant de sérieux problèmes sociétaux et qu’il fallait agir.

Mais à cette époque déjà, bien qu’électronicien et en passe de devenir ingénieur en informatique, mes compétences étaient plus avancées dans le domaine de la communication que celui de la technique.

C’est donc à force d’en parler que mes amis et collègues Eric Nussbaum et Vincent Balegno se prirent à leur tour de passion pour une idée toute simple : rendre l’énergie électrique visible et fun ! Notre objectif était de pouvoir aider les ménages à mieux comprendre et agir sur leur consommation.

Le jour de mon 23e anniversaire, j’ai donc donné mon congé à cette belle entreprise et dis au revoir à des collègues que j’appréciais fortement pour partir dans la création d’une startup sans aucun revenus et au sein d’un tout petit bureau de 30m2 repris à un charpentier de la région de Cheseaux.

Nous avons passé des nuits entières à monter des circuits électroniques et à programmer des applications pour envoyer des mesures de consommation énergétiques sur un écran.

Avec beaucoup de culot, je prenais des rendez-vous avec des directeurs de société électriques pour leur proposer de rejoindre notre vision et de distribuer ce futur produit.

Ecowizz, le système de prises intelligentes, était né!

Je ne vais pas passer en revue ce soir toute l’épopée qui se cache derrière mais je peux vous garantir que je n’ai jamais vécu de période aussi intense et stressante de ma vie.

Nous avions levé plusieurs millions de francs, développé un produit qui s’installait dans des milliers de ménages et vivions dans un état de rock’n’roll émotionnel constant.

Malheureusement, cette aventure pris fin avec plusieurs moments difficiles. Le premier fut de me faire démettre de mes fonctions de directeur par un conseil d’administration qui partageait alors une vision différente de celle des fondateurs. Puis ce fut aussi le marché de l’énergie qui, au lieu de crever les plafonds, diminuait sans cesse. Nous ne l’avions pas vu venir mais l’Allemagne avait décidé de subventionner massivement la production d’énergie renouvelable. Ce qui eut un effet très fort sur le prix de l’énergie qui baissa massivement et nous mis alors dans une situation étrange : les gens s’en fichaient d’économiser une électricité très bon marché.

Dernier coup dur, ce fut une entreprise publique genevoise qui nous supprima du jour au lendemain un contrat de plusieurs millions sans volonté de nous dédommager. Je me rappelle encore ce sentiment d’injustice lorsqu’un membre de la direction m’avait dit que nous n’avions qu’à les poursuivre en justice et que nous verrions bien si nous serions toujours là dans cinq ans.

C’est peut-être en partie ce sentiment d’injustice qui, suite à une rencontre avec celle qui deviendra ma mentor politique, Isabelle Chevalley, m’a motivé à m’engager en politique. Jusqu’à présent, je votais sur tous les sujets, me renseignais et remplissais mon rôle de citoyen mais sans m’impliquer directement.

C’est donc Isabelle qui m’invita à venir écouter les débats qui étaient organisés lors des AG des Vert’libéraux.

Sur place, je reconnais avoir été estomaqué car je pensais que la politique, était quelques personnes qui donnaient leur mot d’ordre et des membres qui suivaient le mouvement. Mais sur place, je découvris que les sujets débattus étaient présentés par chaque camp et qu’il y avait une grande participation des membres et opinions contradictoires dans le débat. Ceci, jusqu’à leur vote final de recommandation qui se fait à bulletin secret pour ne souffrir d’aucune pression.

Je pense que vous l’avez compris, je rejoignis le Parti vert’libéral vaudois !

C’était en 2012 et ce petit parti politique était un peu comme une startup où tout était à construire. Aussi, on me proposa de rentrer au comité directeur puis de postuler comme secrétaire général.

Cet engagement fut un immense bonheur car je travaillais à la fois au développement du parti mais aussi avec le groupe parlementaire au Grand Conseil vaudois.

Ceux qui me connaissent savent que, plus que de débattre, j’aime trouver des solutions qui font avancer les dossiers. C’était donc passionnant de travailler avec les partis majoritaires, de gauche comme de droite, pour trouver ce qui permettrait de faire avancer la transition écologique ou les sujets sociétaux.

La loi sur l’énergie, le thème de la défiscalisation des primes maladies, les investissements pour l’assainissement énergétique des centaines de bâtiments cantonaux, voici quelques sujets qui me passionnaient et me passionnent toujours.

Je me rappelle de nombreux débats où l’on critiquait les Vert’libéraux en me disant qu’il n’était pas possible d’être vert et libéral. Les deux s’excluant.

Alors que si l’on reprend les bases du libéralisme, l’objectif est que les individus soient libres et responsables. Cette responsabilité, pour moi, a une énorme importance et signifie que nous devons prendre soin du vivant et penser à long terme (ce qui, pour moi, se résume dans le qualificatif « vert » des « vert’libéraux »). Malheureusement, les forces politiques majoritaires semblent toujours privilégier soit la liberté sans contrepartie, soit les restrictions à outrance. Après des années d’engagement, je me sens toujours aussi bien au sein des vert’libéraux, un parti qui se voit et se vit comme un créateur de ponts entre les tendances politiques.

Finalement, comme entrepreneur et Président d’une brasserie, ce sont ces deux piliers qui m’accompagnent aussi. L’exemple qui me vient spontanément est lié à notre choix de sortir des énergies fossiles. Bien que cette solution était la plus répandue et économique, je ne pouvais pas imaginer prôner la transition énergétique en politique sans pour autant la réaliser au sein de mon entreprise. Nous avons donc innové et contacté diverses société pour que ces dernières installent gratuitement des panneaux solaires (qui sont notre source principale d’énergie), sur le toit du bâtiment de notre brasserie. Cela paraissait alors bien étrange comme démarche ! Une société a répondu à notre appel et nous vend aujourd’hui l’électricité produite par les quelques 2’000m2 de panneaux installé. Petite anecdote, le prix de l’électricité a rapidement pris l’ascenseur et notre solution est devenue bien plus rentable que le gaz. Aussi, dans ce cas, la transition énergétique de notre brasserie était aussi une opportunité d’amélioration de notre situation économique.

Si vous souhaitez en savoir plus, n’hésitez pas à me contacter. Je profiterai de publier quelques articles ces prochains mois sur les différents projets qui m’ont marqué au sein de la Municipalité de Bex. Participer à l’exécutif d’une commune dynamique comme la nôtre est un privilège et me permets de donner de mon temps et mon énergie à cette communauté que j’apprécie énormément.

Vive Bex, Vive le Canton de Vaud et Vive la Suisse !