Nous votons avec notre porte-monnaie

L’invité – Michael Dupertuis nous explique les vertus de cette manière de faire.

 23.01.2017 – publié dans la page Réflexions du 24heures 

C’est du moins ce que je pensais avant d’en débattre avec une amie fraîchement arrivée en Suisse. Selon sa vision, chaque fois qu’elle sort son porte-monnaie pour acheter quelque chose, elle décide de soutenir un certain type de consommation. Cette décision qu’elle fait, multipliée par le nombre faramineux de consommateurs, peut alors s’apparenter à un vote permanent en faveur d’une orientation de notre économie.

Par exemple, si je sors ma carte pour acheter un pot de Nutella, ce n’est pas uniquement un acte insignifiant comme d’autres milliers de personnes le font chaque jour, mais bien un soutien direct et financier à la société qui se trouve derrière et conçoit ce produit dans les conditions que nous connaissons. La même situation reste véridique lorsque je me rends dans une ferme proche de chez moi pour y acheter leur poulet où quand je choisis d’acheter en seconde main des outils de jardinage ou mes meubles. Chaque achat ou non achat est donc l’expression d’une volonté personnelle de soutenir un type d’économie et s’apparente donc à un vote continu de l’ensemble de la population. C’est donc une merveilleuse liberté ainsi qu’une grande responsabilité.

L’effet est d’autant plus significatif lorsque la base de votant n’est pas uniquement un pays, la Suisse par exemple, mais bien le village mondial et globalisé. A travers mes achats ainsi que les vôtres et ceux de nos amis de tous les pays du globe, c’est bien la volonté populaire qui s’exprime et modifie la trajectoire de notre économie. Dans un tel cadre, pas besoin d’être appelés aux urnes pour exprimer notre opinion. Chaque franc dépensé ou conservé est un bulletin de vote utilisé.Pour prendre l’exemple du bio, il y a dix ans ces produits n’étaient vus que comme un effet de mode pour quelques urbains fortunés. Or aujourd’hui, le bio est fortement demandé par les consommateurs. Ainsi, que je sois à Bex ou à Lausanne, je peux retrouver ces produits dans presque n’importe quel magasin alors qu’ils n’y étaient pas dix ans plus tôt.

Pourtant attention, mon propos n’est pas de dire qu’il faut absolument que tout le monde achète bio. Non, chacun est libre et responsable de son choix. Mon propos est plutôt de souligner que chacun à la possibilité, de part ses actes d’achat, d’infléchir la destinée de notre économie.

Usons donc de notre porte-monnaie comme nous usons de notre bulletin de vote et faisons de notre économie la plus grande démocratie du monde.

(24 heures)

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